Un an…

Un an.

Cela fait un an que le tournage de Khaos a débuté.
Un an d’apprentissage, un an de découverte, un an d’échanges et de réflexions.
Khaos est un film de paroles. A travers ce film et des différentes personnes que j’ai rencontrées sur mon chemin j’ai appris. Beaucoup appris.
Tout d’abord j’ai appris à me battre, à me battre pour ceux qui m’ont accordé leur confiance, ne pas trahir ce qu’ils m’ont confié, à me battre pour monter ce film et le faire naître, à me battre pour que ce film soit distribué et qu’il vive, à me battre pour que les témoignages ne soient pas dénaturées.
J’ai appris aussi à ne pas écouter les mauvais conseils, à ne plus entendre les messages décourageants ni les critiques teintées de rancoeur, à effacer les gens qui n’ont été là que lorsque tout allait bien.
J’ai appris que la jalousie existait, j’ai appris que l’homme peut être lâche voir profiteur, j’ai appris à faire le tri.
J’ai également appris que le cinéma est un lieu qui ne doit pas être détourné, j’ai appris à dire non à toute forme de manipulation et d’utilisation.
J’ai aussi appris que l’impossible est possible, que la volonté et l’acharnement sont des moteurs extraordinaires, que les barrières ne sont que mentales.
J’ai rencontré des gens fabuleux sur mon parcours, de ceux qui défendent le cinéma et l’espace inouï d’expression que sont les salles. J’ai rencontré des gens parfois obtus et fermés, figés dans leurs idées préconçues. Et puis je n’ai pas rencontré tous les autres, ceux du silence, ceux qu’on ne voit pas, ceux qui en toute discrétion sont là et soutiennent, ceux que je remercie pour leur présence pourtant bien palpable.
J’ai vu des choses magnifiques, de celles qui nous donnent la force de continuer même quand la fatigue s’installe, j’ai vu des liens se créer et se nouer, j’ai vu des réflexions et des échanges naitre sous mes yeux, j’ai vu et j’ai compris que l’essence même d’un film c’est non pas de mener mais de transmettre, de faire sentir et ressentir.
Un an déjà et de nombreuses années devant. Chaque film nous rend plus fort, nous renvoie à nous même, nous fait vivre en accéléré, nous restitue de manière concrète ce que l’on savait déjà intimement.
Etre cinéaste c’est observer tout cela, observer chaque moment, chaque détail et un jour le restituer quelque part. Car rien ne s’oublie tout se transforme aux yeux d’un réalisateur, le bon comme le moins bon, la noblesse comme la bassesse.
J’ai dû sûrement me faire des ennemis, peu importe. Je me suis aussi surtout fait des amis, seuls ceux-là comptent au final.
Un an à travers lequel j’ai vu le monde, du monde, un an à travers lequel je sais clairement ce que je veux et ce que je ne veux plus. Un an riche en expérience, en vécu et un an qui j’espère, avant tout, à pu créer, à travers Khaos, des liens vers ce pays si cher à mon coeur, la Grèce.
Un an…

A.D.

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