La LDH soutient Khaos

 

La LDH soutient le film documentaire « Khaos, les visages humains de la crise grecque », de Ana Dumitrescu

Sortie le 10 octobre 

La plupart des films documentaires sur les questions sociales, le chômage, la précarité, adoptent un ton et un type d’images conformes à la noirceur de leur sujet. Khaos est un film profondément original, en ce qu’il montre la profondeur et les dangers de la crise grecque au moyen d’images, de couleurs, de musiques toujours vivantes, souvent joyeuses, mettant ainsi l’humain – le cinéma, l’art, la vie – au-dessus du malheur vécu et dénoncé.

La réalisatrice n’a pas voulu de scénario préalable. Elle a procédé par immersion, voyageant dans la Grèce d’Athènes, de la province et des îles, en compagnie d’un blogueur et ethnologue francophone, Panagiotis Grigoriou. Elle a multiplié les rencontres et les interviews dans tous les milieux sociaux et dans tous les métiers : assez pour penser donner véritablement la parole au peuple grec. De quoi parlent les gens ? De la dégradation de l’économie depuis 2009, entreprises et magasins qui ferment les uns après les autres, chute du tourisme et de l’immobilier, agriculture intenable ; de l’effondrement de l’emploi et des droits sociaux ; de l’absence d’espoir et de la menace d’une gravissime explosion sociale ; de l’incurie des politiques et des responsabilités de l’Europe et surtout de l’Allemagne, détestée. Des départs des jeunes diplômés pour l’étranger, de l’effondrement des classes moyennes, des enfants mal nourris, du doublement du taux de suicides, des 3 000 SDF d’Athènes et des soupes populaires. De la révolte des jeunes et des Indignés et de la violence de la répression policière. La Grèce est toujours aussi belle, l’Acropole suspendu au-dessus d’Athènes et les poissons noirs dans l’eau turquoise ; mais les devantures des commerces fermés servent d’appuis pour des lits de fortune, les distributeurs de billets sont arrachés, et même les panneaux publicitaires le long des routes sont abandonnés à des lambeaux d’affiches.

Dans cette libre chronique du désastre se tiennent tout de même des discours politiques : ce ne sont pas nos dettes, ce sont les leurs, c’est à eux de payer ; la Grèce est le cobaye d’une nouvelle économie mondiale qui se fondera sur la destruction des droits sociaux et la paupérisation de la main d’œuvre ; ce temps de rupture, de guerre, exclut tout retour en arrière mais n’offre pas de futur, sinon la sortie de l’euro. Colère générale qui aboutit à un slogan dangereux vitupérant la démocratie. Les partis politiques – la chute du Pasok, la percée des néo-nazis d’Aube dorée, l’appel au peuple de Syriza – sont rapidement évoqués à la fin du film. Les solutions ? Une fermière qui parle d’une nouvelle agriculture écologique, une association qui organise des cuisines de solidarité, un graffeur qui appelle le peuple à la colère et la Grèce à la grandeur. Et surtout un ancien résistant et homme politique qui décline des scénarios possibles – mais bien hypothétiques – d’un redressement financier.

On ne saurait reprocher au film de ne s’intéresser qu’à son sujet, la crise que vivent les Grecs. On aimerait, en outre, mieux en comprendre les causes et les mécanismes, en peser les responsabilités financières et politiques, savoir comment on en est arrivé là ; sinon comment trouver les moyens d’en sortir ? Mais ce serait un autre film.

Khaos, les visages humains de la crise grecque
Film documentaire, France, 2012
Durée : 93’
Réalisation et production : Ana Dumitrescu
Distribution : EIRL Ana Dumitrescu 

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